Une petite histoire de l’hospitalisation à l’AP-HP et à l’Hôpital Joffre-Dupuytren

Il fut un temps où l’hôpital était le refuge des malades indigents, le dernier asile où quelques soins étaient parcimonieusement distribués par des œuvres religieuses au nom de la charité. Lentement, les religieux ont fait place à une administration. Les indigents ont laissé la place aux patients les plus complexes que les soins de ville n’étaient plus en mesure de prendre en charge. La charité s’est effacée devant la médecine à mesure que celle-ci devenait une science et qu’elle investissait les lieux pour en faire le centre névralgique de son implantation et de son développement. L’hôpital devenait ainsi le lieu de la formation des médecins, celui de leurs recherches, celui de la mise à disposition de leur expertise grandissante.

 

 Historique maréchal joffre
Joseph Joffre (1852 -1931)

Dans ce contexte naissait l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) au milieu du XIXème siècle, en regroupant dans une administration unique l’ensemble des hôpitaux de Paris.

L’AP-HP se compose aujourd’hui de 37 établissements répartis sur Paris intra muros et la petite couronne, les départements périphériques de la région parisienne, et quelques sites en province. Sur ces 37 établissements, 9 sont purement gériatriques. Tous ces établissements sont eux-mêmes regroupés en 12 Groupes Hospitaliers.
Si elle fait partie du système hospitalier public général, l’AP-HP dispose d’un statut particulier compte tenu de sa taille, de son histoire, de sa triple activité de soins, de recherche, et de formation universitaire. Elle fonctionne comme un établissement unique avec localisations multiples. Son siège est à Paris, et elle est gérée par un Directeur Général. Outre ses instances administratives et son Conseil d’Administration, sa plus haute instance médicale est dite Commission Médicale d’Etablissement ou CME (l’équivalent au niveau de chaque Groupe Hospitalier est dit Commission Consultative Médicale ou CCM).

 

 

 historique indigents

 

En 1931, l’AP-HP construit à Draveil, en complément des sanatoriums existants Minoret et des Cheminots, le sanatorium de Champrosay qui deviendra l’Hôpital Joffre en 1960 en devenant lieu de long et moyen séjour pour personnes âgées, en commémoration du Maréchal Joffre, mort en 1931, année de la construction à Draveil du sanatorium qui portera son nom. Né à Perpignan, Joseph Joffre avait construit sa carrière militaire dans le corps du Génie, en particulier sur différents théâtres coloniaux. Nommé à la tête de l’état-major qui préparait l’entrée dans la première guerre mondiale, c’est avec le titre de Généralissime qu’il dirigea les deux premières années du conflit. Mais sa conception stratégique accusée de rester figée sur des théories dépassées par la modernité conduisit à son remplacement à ce poste en 1916, alors qu’il était promu au titre honorifique de Maréchal.

 Historique entrée Joffre
Historique cour d'honneur joffre

En 1967, devant l’engorgement des hôpitaux parisiens en patients dits chroniques, l’AP-HP construit en complément à Draveil l’Hôpital Dupuytren qui sera rapidement associé à l’Hôpital Joffre sous l’égide d’une même direction. Jeune provincial de la région de Limoges, Guillaume Dupuytren fit ses années de collège dans le Paris de la Révolution avant de s’y consacrer aux études médicales auprès des maîtres de son temps. Bientôt nommé chirurgien en chef de l’Hôtel Dieu de Paris dans la période de la chute napoléonienne, il acquit la réputation d’une grande maîtrise et d’une grande rigueur scientifique, le portant en particulier à développer l’anatomo-pathologie comme moyen de connaissance et de progrès de l’art du chirurgien. Mais aussi en conservant, malgré son ascension sociale et un tempérament difficile, un attachement aux consultations ouvertes au petit peuple de Paris. Il fut nommé Baron en 1821 pour les soins qu’il porta un an plus tôt au Duc de Berry, neveu de Louis XVIII sur les lieux de l’attentat qui lui coûta finalement la vie.

 

 

Historique Dup
Dup 1976

 

Ce ne sera qu’au milieu des années 2000 que le Groupe Hospitalier trouvera son nom actuel d’Hôpital Joffre-Dupuytren. Essentiellement consacré à la prise en charge des patients âgés depuis les années 60, l’hôpital aura ainsi accompagné la naissance puis l’évolution de la discipline gériatrique à la fois dans la pratique médicale et au sein de l’AP-HP. Il dispose aujourd’hui de lits de Médecine Aiguë (Médecine Gériatrique, Gérontopsychiatrie, Unité de Soins Palliatifs), de lits de Moyen Séjour ou Soins de Suite – Réadaptation (SSR), et de lits de Soins de Longue Durée (SLD), ces-derniers étant encore pour la plupart regroupés sur le site de Joffre. L’hôpital dispose également d’un Hôpital de Jour, d’un Centre de Consultations, d’un plateau technique d’Imagerie Médicale.

 Historique Guillaume Dupuytren

Guillaume Dupuytren (1777 – 1835)

Les locaux du site de Dupuytren ont été entièrement rénovés en 2006-2007. Un vaste projet en cours prévoit la construction d’un nouveau bâtiment, un Etablissement d’Hebergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD), le site de Joffre étant destiné à disparaître. Ces derniers ont été créés il y a quelques années afin de servir de solution intermédiaire entre la Maison de Retraite, non médicalisée, et le SLD, hospitalier.