Journée Nationale Octobre Rose à l’hôpital Henri Mondor

Le jeudi 8 octobre 2015 de 9 h  à 17 h, une journée porte ouverte est organisée pour sensibiliser le grand public et le personnel. De nombreux stands seront animés par les équipes médicales et paramédicales d’Henri Mondor, en partenariat avec la Ligue contre le Cancer et la participation des associations et partenaires (hall de l’hôpital).

Une conférence-débat sur « Territorialité, économie de santé et cancer du sein », accompagnée de témoignages de patientes, se tiendra à l’espace culturel Nelly Rotman de 9 h 30 h à 12 h 30.

Offres de soins et territorialité

Le parcours des patientes pour la prise en charge d’un cancer du sein est généralement dicté par leur connaissance (ou non) des moyens et expertises disponibles à proximité de leur lieu de vie.

Cette information peut provenir de sources multiples : internet, entourage, médecin traitant/référent ou spécialiste (gynécologue, oncologue, radiologue).

La situation de l’offre de soins en région Ile-de-France est particulière : les centres de références sont nombreux mais mal répartis dans les zones de densité de population importante et/ou en croissance.

La méconnaissance des offres de soins et des expertises à proximité du lieu de vie entraîne « une fuite » considérable des patientes vers des centres de référence, parfois à une distance non négligeable du domicile. Cette démarche est source de contrainte pour  les patientes et leur entourage et de surcoût pour la société.

Pénibilité, contraintes et offres de soins

Dans la situation particulière de l’Ile-de-France, la délocalisation des patientes à distance de leur lieu de vie pour leur prise en charge est source d’angoisse et de fatigue. En effet, malgré des distances courtes, les difficultés de mobilité urbaine et de stationnement sont telles que les durées de transport(s) excèdent parfois les durées et les coûts des soins eux-mêmes.

Le traitement des cancers du sein est standardisé pour la très large majorité des cas de cancers localisés. Cette prise en charge est faite par des équipes multidisciplinaires « labellisées » grâce au plan cancer qui a fixé des seuils d’activités (nombre d’actes chirurgicaux ou nombre de séances de radiothérapie/an).

Les décisions de traitement sont validées lors de réunions multidisciplinaires fixant des stratégies thérapeutiques personnalisées basées sur les recommandations nationales et internationales. De plus, la qualité des soins administrés est évaluée continuellement grâce à des marqueurs (évaluation des pratiques professionnelles, taux d’infection nosocomiale, revue de morbimortalité, etc…).

Seuls certains cas de maladies métastatiques, ne répondant plus aux traitements classiques et réalisés en routine, peuvent justifier d’une délocalisation vers un centre expert disposant d’une nouvelle thérapie médicamenteuse (inclusion dans un protocole de recherche).

La disparité de l’information des patientes sur les disponibilités de soins spécialisés, crée une confusion, et parfois une démarche irrationnelle mais justifiée par la méconnaissance de l’offre de proximité.

Territoires et contraintes du transport

La problématique des transports, est double pour des traitements longs comme la chimiothérapie et la radiothérapie. Les patientes subissent la contrainte de prendre les transports pour les 6 à 8 cycles de chimiothérapie (toutes les 3 semaines) puis les 15 à
33 séances de radiothérapie (tous les jours).

La collectivité, par l’entremise des caisses d’assurance maladie, rembourse l’intégralité des trajets (pour le moment dans le cadre de l’ALD 30) auxquels peut se rajouter la nécessité (parfois) d’un arrêt de travail ou d’un mi-temps thérapeutique (supporté par les entreprises et les caisses d’assurance maladie).

Le coût total du transport médical en France est estimé à 4 milliards d’euros. Pour la radiothérapie, une partie du coût total du traitement est liée aux trajets allers + retours pour les 15 à 33 séances. Ces coûts sont évidemment fonction du type de transport et de la distance parcourue sans compter l’attente facturée par certains transporteurs. Au transport s’ajoute, dans certains cas, le coût des arrêts de travail. Le montant versé au titre des indemnités journalières (IJ) par l’assurance maladie s’élevait, en 2010, à
15,6 Md€ dont 54,5% de cette dépense relevait du risque maladie.

Conclusion

En conclusion, la prise en charge multidisciplinaire du cancer du sein est standardisée pour la très large majorité des cas localisés. Une information claire doit être donnée aux patientes au moment du choix du lieu de prise en charge. La délocalisation des patientes à distance de leur lieu de vie pour des traitements longs doit être précédée d’une réflexion transparente sur le ratio entre le coût-bénéfice pour la patiente et la société et l’existence d’une offre de soins territoriale complète.

 

Contacts :
Professeur Yazid BELKACEMI, Responsable du Centre Sein Henri Mondor
yazid.belkacemi@aphp.fr – 01 49 81 45 22

Docteur Romain BOSC, Adjoint au Responsable du Centre Sein Henri Mondor,
Maitre de Conférence Universitaire
romain.bosc@aphp.fr – 01 49 81 49 40